| THIERRY CAUWET | " REPETITION INACTIVEE " Format A 5 / 120 pages / 84 pages couleurs 36 pages n&b / dos carré collé éditions archi-art.prod / A l'Enseigne des Oudin ISBN en cours 01/07/03 Prix 35 € | ||||||
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Catalogue
de la rétrospéctive des travaux de Thierry Cauwet édité par archi-art.prod
et A l'Enseigne des Oudin. Dans cet extrait daté de 1978 Thierry Cauwet
décrit une étape de son travail dans laquelle la relation entre le corps,
l'objet, l'espace et la couleur est en jeux " Performance 1978 J’arrivais à un blocage devant l’objet . Il fallait que je m’approprie moi-même l’espace.J’avais franchi une étape entre graphisme et objet, il fallait que j’en franchisse une autre entre objet et espace... |
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Octobre 1978, je réalisais ma première vidéo. Dans cette action, je gardais de l’étape précédente ce qui me semblait essentiel: le noir, le blanc, la matière et l’espace. Mais j’y ajoutais un élément nouveau: la vie | ||||||
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.J’étais entré dans le temps sacré, tous mes efforts tendraient à atteindre ce qu’Yves Klein définit comme «la seule chose qui ne nous appartienne pas en nous, notre vie.» Dans Pièce blanche, redondance dans le sens d’une création d’un espace de création (le parc). Le personnage est à la fois le démiurge (on dirait qu’il «crée» l’espace du parc, qu’il lui donne âme par diverses manipulations) et l’objet créé par le parc (il sort du parc comme d’un espace matriciel). L’ensemble de la cérémonie a quelque chose de virginal, d’une naissance | ||||||
| .C’est la première vidéo que je réalise. Il y a une double naissance: naissance d’un espace sacré (la pièce blanche est ici symbolisée par la redondance du parc vide) et la naissance de moi même au sacré (thème repris dans les vidéos suivantes, L’accouchement et Dédoublement). Le rapprochement des titres de la première vidéo Pièce blanche et de la sixième vidéo. L’homme rouge me semble évocateur : l’accent est mis sur l’espace dans la première, dans l’autre en revanche c’est du corps dont il est question. Elles sont étrangement liées. Dans L’homme rouge, le parc a disparu, nul objet n’est possible, le contact avec l’energie est direct. Le corps est écorché, directement en contact avec l’espace. «L’énergie est la seule vie, et elle est du corps, et la raison est la limite ou la circonférence qui entoure l’énergie.» (William Blake, Le mariage du ciel et de l’enfer) La structure de l’espace dans Pièce blanche est en anneau, c’est à dire avec constamment ce trou de vide centre qui appelle à lui toutes les énergies du cosmos. Le corps circule dans l’anneau, entre deux vides, l’intérieur et l’extérieur. Puis il pénètre le centre. Très proche d’Astérios, renaissance initiatique du «regressum ad uterum». Enfin il ressort de ce centre et retourne dans l’anneau tout en allant se coller à sa paroi extérieure, vers le vide extérieur de l’anneau. L’homme rouge au contraire est un cercle et on y sent l’absence de protection. La chair est à vif. L’homme se projette sur les parois de l’espace comme pour disparaître dans le vide où vient frapper le sol de l’espace comme s’il y cherchait un centre absent, la possibilité d’un vide intérieur à l’espace. C’est la matière pleine et douloureuse, chargée d’une énergie centripète et centrifuge. Mais il me semble que cette vidéo se devait de suivre Pièce blanche, qu’elle en est en quelque sorte le complément nécessaire. La première fut création d’un espace sacré. La seconde fut le pas en avant, l’appropriation de cet espace sacré, son INCARNATION. C’est le corps créé, sans subterfuge, sans possibilité de créer lui-même, de repousser le problème de la matière. C’est le corps subi comme inévitable, douloureux par excès de vie. Comme un gland gonflé de sang. Remarque: le rôle du son dans L’homme rouge est important. L’image étant en quelque sorte l’illustration d’un cri, j’ai supprimé le son pour éviter une surenchère expressionniste (jugeant que l’image en elle même était suffisamment éloquente). Remarquons que l’action a eu lieu deux fois, la première ayant raté à cause de problèmes techniques. Cependant, en tant qu’expérience vécue, aussi bien pour moi que pour les quelques personnes présentes, elle fut réellement L’homme rouge. Le «produit» final correspond à la deuxième tentative. Elle est incontestablement meilleure car j’ai évolué au vu du premier essai dans le sens de l’image vidéo. Dans le premier essai, la violence est bien supérieure et cependant moins visible. Il semble qu’elle n’arrive pas à s’extérioriser. Les gestes sont plus hachés. L’énergie passe presque. Thierry Cauwet Extrait du catalogue de la rétrospéctive des travaux de Thierry Cauwet (Juillet - Aout - Septembre 2003, A l'Enseigne des Oudin, 58 rue Quincampoix, 75004) ". | |||||||