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Ils ont
couvert la majeure partie du 20° siècle et ont en commun, de notre
point de vue, d'être mal reconnus dans la diversité de leurs propres
œuvres…Ils ont en commun également une certaine partie de leur
histoire : c'est André Breton, pape du surréalisme qui, en 1962
classera Lapicque, avec la complicité de Charles Estienne, poète
breton et promoteur de l'art abstrait, parmi les 10 peintres vivants
les plus importants… c'est Jean Pons jeune lithographe qui fait
découvrir à Lapicque la lithographie en 1945 et qui collaborera
également avec Man Ray, pilier du surréalisme. Et d'autres circonstances
que nous développerons… Courant 1985, je
découvre simultanément le Danseur vaudou de Charles Lapicque et
Morceau en forme de poire, hommage à Erik Satie de Man Ray. Ces
deux lithographies provenaient du fonds de Bernard Balanci, mort
dans notre quartier Beaubourg. Il fût l'avant-dernier marchand
de Lapicque, après avoir été dans les années 60 un artiste du
nouveau-réalisme ou du pop art français. Balanci, ami de François
Pluchart qui l'évoque longuement avec César, Arman, Spoerri, et
Jean-Pierre Raynaud dans son ouvrage Pop Art et Cie 1960-70.
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Ces trois artistes,
extrêmement inventifs, ont en commun, à une époque où l'abstraction
était reine, d'avoir souvent recherché le fil du rasoir entre
figuration et abstraction. Man Ray a inventé dans les années 20
tous les nouveaux réalistes, Charles Lapicque a influencé énormément
d'artistes : Nicolas de Staël, Bazaine, Estéve, Manessier et la
série de son danseur vaudou préfigure 10 ans avant, l'Hourloupe
de Dubuffet. Jean Pons a été sollicité par ce dernier pour intégrer
le groupe de l'art brut, ce qu'il a refusé et les papiers déchirés
que nous présentons permettent notamment de comprendre cette offre
de cooptation. Enfin c'est l'occasion d'évoquer les circonstances
d'un différent avec certains ayant-droits Lapicque, indignés de
la proximité d'artistes auxquels la galerie s'est attachée par
la suite, comme Henri Maccheroni (1932), ou Pierre Molinier (1900-1976),
et plus généralement l'art corporel. L'injustifiable de ce conformisme
tient au fait que tous ces artistes singuliers ont été défendus
par les mêmes critiques d'avant-garde, notamment François Pluchart
- pour reparler de lui - à travers ses différentes tribunes qu'ont
été le journal Combat, la revue arTitudes puis la seconde édition
de la revue L'Art Vivant des Maeght, ou Michel Lequenne, historien
et critique d'art notamment à Révolution ; charmant Lequenne avec
qui nous avons initié notre collaboration avec Pons, redoutable
Jean Pons ! Alain Oudin
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